500 Km sur la Garonne

Pourquoi la Garonne ? : Pour ma première longue descente en continu, la question ne s’est pas trop posée car, étant de la région Bordelaise et habitant à dix minutes en voiture de la Garonne, je me suis dit que, pour une première, mieux valait choisir une arrivée familière. Comme pour la descente de la Leyre, la méthode reste la même : on me dépose à un point A et on me récupère à un point B. Je suis parti le mercredi 11 mai 2016 pour rentrer chez moi le mercredi 18 mai 2016, après une semaine de descente.

Baqueira

Mercredi 11 mai 2016 : Jour de départ tranquille, direction Baqueira, avec tout le matériel, bien sûr. Quitte à descendre un fleuve, autant aller jeter un œil à la source ; un peu de tourisme ne peut qu’élargir nos connaissances. Après l’arrivée du côté espagnol, une petite balade et les premiers repérages pour le lendemain, je prends la direction de Bossost, toujours en Espagne, pour trouver un hôtel. La nuit se passera à l’hôtel Shadows, 20 euros la chambre double, c’est simple, c’est la moins chère des environs : il y a tout ce qu’il faut, parfait pour moi. Petit repas et direction le lit pour faire le plein de batterie pour jeudi. Bonne nuit. 

Jeudi 12 mai 2016 :

Saint-Béat

Saint-Béat

Jour J, réveil à huit heures, petit-déjeuner sur le pouce et, en voiture, direction Saint-Béat. La journée s’annonce ensoleillée, les sommets encore enneigés sont déjà éclairés. A la sortie de Saint-Béat, je trouve un coin calme pour décharger le kayak et commencer à me préparer pour la descente. C’est bon! tout est OK! Je n’ai rien oublié, je suis prêt à partir. J’ai des conserves pour tenir normalement une semaine en mangeant sans excès, si je ne trouve rien d’autres, et de quoi dormir dehors. Je n’ai aucun impératif journalier, de quelque nature qu’il soit: pas de villes étapes, pas de nombres de kilomètres à effectuer… Si j’en ai marre, j’arrête, si je me sens bien, je continue. Une descente qui commence sous un super soleil, la Garonne bénéficie d’un courant beaucoup plus important qu’en aval ce qui rend la descente assez rapide, mais plusieurs barrages me coupent la route tout au long de la journée et, à chaque fois, je perds un temps fou pour en passer certains; rien n’est fait pour faciliter le passage, je suis obligé de débarquer au milieu de nulle part et de me frayer un chemin à travers les ronces pour recommencer la même chose de l’autre côté, le tout en traînant le kayak qui pèse assez lourd. Même si, finalement, tous ces exercices me permettent de me dégourdir les jambes, que j’utilise très peu le reste du temps. La météo commence à changer sur le coup de 16 heures et la pluie s’invite sans prévenir avec l’orage. Je continue jusqu’à un dernier barrage, celui de Miramont-de-Comminges où je rencontre des villageois qui m’expliquent qu’à partir de là, deux barrages se succèdent. Je décide alors de passer les deux à pieds, en tirant le kayak sur plusieurs kilomètres. Après avoir passé le second barrage et rejoint la Garonne, la pluie continuant et l’orage se montrant plus menaçant, je décide de naviguer juste assez pour trouver un endroit où me mettre à l’abri et passer la nuit. Après quelques kilomètres de navigation, je tombe nez à nez avec une super cabane: parfait!. Elle prend l’eau de partout mais deux trois rafistolages suffisent: ça fera l’affaire.

Première nuit

Première nuit

Vendredi 13 mai 2016. Il a plu toute la nuit, il pleut encore, aucune éclaircie ne s’annonce! Ah Oui! C’est vendredi13, forcément! Pas de souci, je ne suis pas superstitieux. J’enfile mes habits encore mouillés et c’est reparti: bye, bye, la cabane et on fonce! Une journée complète sous la pluie, avec, à nouveau, plusieurs barrages. Je manque de perdre le kayak après le passage de l’un d’eux: sur la pente glissante que j’emprunte pour rejoindre la Garonne, un moment d’inattention me fait lâcher mon embarcation bien chargée, qui prend de la vitesse et glisse dans le fleuve, suivant rapidement le courant. Dans un réflexe quasi immédiat, je me jette à l’eau et commence à nager derrière le kayak: heureusement, après quelques mètres, il est pris dans un remous qui le ralentit ce qui me permet de le récupérer. Ouf! Après ce petit moment d’adrénaline, si quelques parties de mon corps n’étaient pas mouillées, c’est chose ancienne. Heureusement ni la pluie, ni l’eau de la Garonne ne me donnent réellement froid tant que je pagaye. J’arrive, en fin de journée, à la retenue d’eau du Mancies après Salles-sur-Garonne. 

Campement à l'arrache

Campament à l’arrache

  J’installe mon campement de fortune sur la rive et je commence à jeter un œil pour préparer le passage du lendemain.

 

Direction Toulouse

Direction Toulouse

Samedi 14 mai 2016 :

Il a plu toute la nuit et il pleut encore. Mais on garde le sourire, comme toujours, ça fait partie de l’aventure. « Si esperas  las condiciones perfectas nunca haras nada ». Je passe la retenue d’eau et me revoilà sur la Garonne, direction Toulouse. Aucun barrage cette fois, et la descente me paraît, pour le coup, extrêmement rapide; je suis surpris, j’ai du mal à réaliser. Et pourtant, je suis bien dans la ville rose, une première pour moi. Je passe une écluse, une chute d’eau et j’en profite pour aller faire quelques courses dans Toulouse, 3 bouteilles d’eau, des fruits secs: je suis prêt pour repartir. Des éclaircies commencent à percer, je décide de continuer, le temps de me trouver un coin tranquille pour passer la nuit.

Dimanche 15 mai 2016 : Quelques averses pendant la nuit mais, au réveil, le soleil est là qui s’annonce pour la journée. Descente fluide jusqu’à proximité de la centrale nucléaire de Golfech. Je suis obligé d’emprunter le canal latéral, la portion de la Garonne étant interdite à proximité de la centrale. Le rythme sur le canal est totalement différent: l’absence de courant et le passage de plusieurs écluses que je dois exécuter à pieds, me donnent l’impression de faire du surplace. J’arrive, enfin, au pont de Lamagistère. Là, deux choix s’offrent à vous: soit emprunter la Barguelonne qui se jette dans la Garonne, soit tirer le kayak sur quelques kilomètres jusqu’aux rives du village. Je choisis la deuxième option. Par chance, un chasseur à qui je demande le chemin exact pour rejoindre le fleuve, me propose de me déposer en mettant le kayak dans sa fourgonnette; je ne refuse pas: c’est la fin de la journée, un peu de repos ne se refuse pas. Et me voilà, à nouveau, sur la Garonne. Golfech est derrière moi, les fumées de la centrale disparaissent peu à peu, et je pagaye jusqu’à trouver un îlot qui me servira de résidence pour la nuit.

Coucher de soleil sur un îlot après la centrale de Golfech

Coucher de soleil sur un îlot après la centrale de Golfech

 

Réveil au soleil. Agen approche

Réveil au soleil. Agen approche

Lundi 16 mai 2016 : Réveil avec un super lever de soleil! Encore une belle journée qui s’annonce. Je passe Agen et m’arrête à une petite épicerie qui donne sur le fleuve à Thouars-sur-Garonne. Je longe, ensuite, Tonneins et Marmande. Je continue un peu et n’ayant plus de batteries de téléphone depuis quelques jours, je m’arrête à Couthures-sur-Garonne où je demande à un monsieur, assis sur sa terrasse, s’il me permet de recharger mon téléphone un quart d’heure afin que je puisse appeler ma famille. Il accepte gentiment; je passe mon coup de fil et continue ma routine du soir qui consiste à trouver un coin tranquille pour dormir.

Mardi 17 mai 2016 : Encore une super nuit : il y a peu d’agitation sur les bords de Garonne : à part des limaces sans gêne et des discussions entre ragondins, c’est le calme plat. Par ailleurs, je sens que Bordeaux s’approche, et plus j’avance, plus la flemme s’installe : à mi-journée, c’est mon premier coup de barre depuis le départ. Mais pas le temps de blaguer, cap sur l’estuaire. J’arrive à Cadaujac en début de soirée, dans la difficulté, le courant commence à s’inverser au niveau de Podensac. On vient me chercher et je passe la dernière nuit chez moi, j’habite à un quart d’heure de Cadaujac en voiture.

 

Mercredi 18 mai 2016 :

Passage dans Bordeaux

Passage dans Bordeaux

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Dernière journée : je pars tôt le matin pour profiter de la marée qui descend et, direction le cap d’Ambès, qui délimite l’entrée dans l’estuaire de la Gironde, point de rencontre entre la Garonne et la Dordogne. Je traverse Bordeaux, je passe, donc, sous le pont Jacques Chaban-Delmas suivi du pont d’Aquitaine; je dépasse ensuite les cargos amarrés le long du port de Bassens et après plusieurs heures et quelques carrelets croisés, j’arrive au bec d’Ambès dans l’après-midi. La descente de la Garonne se terminera ici pour moi. Une superbe aventure, un dépaysement total, du début à la fin, en harmonie totale avec la nature, le voyage comme je l’aime.

 

Bec d'Ambès

Bec d’Ambès

 

Des articles à propos de ce voyage :

20 minutes Toulouse : 

La dépêche de Tolouse: 

Le Guide du Routard:

 

 

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